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SAISON 0809

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Aujourd’hui à deux mains L’installation - Pascale Houbin

Scénographie audiovisuelle

Aujourd’hui à deux mains L’installation
de Pascale Houbin, présence du 17 février au 4 mars
Voilà comment je travaille et ça me travaille
Présentation dansée avec Yann Raballand, mercredi 4 mars
EXPOSITION PROLONGÉE JUSQU’AU 7 MARS dans le cadre du Week-end à réaction#3 // accès libre : jeudi 5 & vendredi 6 mars de 14h à 18h30, samedi 7 mars de 11 h à 16h //
visite guidée : Jeudi 5 & vendredi 6 mars à 17h30, Samedi 7 mars à 15h
Studio de danse du Manège.
//
Pascale Houbin en résidence de création du 2 au 12 décembre puis du 1 février au 4 mars


PRODUCTION : CIE NON DE NOM
COPRODUCTION : LA FONDATION D’ENTREPRISE HERMÈS, LE GRAND R SCÈNE NATIONALE DE LA ROCHE-SUR-YON
AVEC LE SOUTIEN DE : LES ATELIERS DU SPECTACLE, SARABAND FILMS, ARS NUMERICA
REMERCIEMENTS À : ANIS GRAS LE LIEU DE L’AUTRE, GEORGIANA WIERRE-GORE, DENISE LUCCIONI, QUENTIN BERTOUX

LA CIE NON DE NOM EST SUBVENTIONNÉE PAR LA DRAC ÎLE-DE-FRANCE, MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

PRODUCTION DES FILMS : CIE NON DE NOM
EN PARTENARIAT AVEC : LE RAYON VERT SCÈNE CONVENTIONNÉE DE SAINT-VALERY-EN-CAUX, LE CRATÈRE SCÈNE NATIONALE D’ALÈS, LA FONDATION D’ENTREPRISE HERMÈS, LE MANÈGE SCÈNE NATIONALE DE REIMS, CHÂTEAU ROUGE THÉÂTRE D’ANNEMASSE, LE CHANNEL SCÈNE NATIONALE DE CALAIS

Tarif 5€/3€








(commande valide à partir du 16 septembre 2008).


Conception et réalisation Pascale Houbin
Scénographie Jean-Pierre Larroche
Musique Michel Musseau
Image Dominique Alisé
Montage Ariane Doublet
Vladimir Berkhman (pour le film Base 112)
Journaliste radio Brigitte Patient
Régie générale Denis Rion
Informatique vidéo Adrien Mondot
Prise de son Graciela Barrault
Yves Grasso et Jürgen Schmitt
Mixage Alexis Meier et Catherine Le Hir
Étalonnage Guillermo Fernandez
Constructeurs Eric Patin et Martin Gautron
Administrateur de production Alain Tabakian

L’installation Aujourd’hui à deux mains est une scénographie des gestes au travail proposée par Pascale Houbin.
Dans un dispositif conçu par Jean-Pierre Larroche et un environnement sonore composé par Michel Musseau, c’est à une promenade poétique dans l’univers du geste que le visiteur est convié.
Le parcours est jalonné de propos suscités par Brigitte Patient qui, joignant ainsi le geste à la parole, cherchent la relation entre le geste quotidien au travail et la liberté du geste dansé.

Le travail du geste

Depuis plusieurs années, je filme des gestes au travail, une vingtaine de « portraits-gestuels » sont à ce jour réalisés. Ce collectage des gestes au travail est en lien avec la nature de mes spectacles.
En 1987, j’ai appris la Langue des Signes Française, parole inscrite à même le corps. Au fil des créations, un processus d’écriture chorégraphique s’est mis en place, une forme d’alphabet gestuel permettant d’explorer les résonances entre texte et danse. C’est riche de cette expérience, à la frontière de la langue parlée et de la calligraphie visuelle, que j’aborde le geste dans le travail. Aujourd’hui comme hier, les métiers qui fabriquent, produisent, classent ou soignent… nécessitent des gestes précis qui sont des creusets d’humanité, des micro-histoires autant individuelles que collectives. Ils témoignent d’une activité humaine qui met en jeu à la fois une technique, une reconnaissance sociale et une valeur marchande. Ils sont une connaissance mise en forme, en forme de mains, un acte qui est en lui-même le récipient d’une pensée, d’un savoir-faire… et que l’expérience va faire briller. Ainsi, j’ai demandé à des travailleurs (artisans, soignants, pilotes d’avions…) de faire à blanc le geste qui leur est familier… c’est-à-dire sans le support de l’outil, ni celui de la matière. Effectué à blanc, lorsqu’il s’affranchit du travail pour lequel il est fait, le geste révèle des moments suspendus d’harmonie surgis de la conscience spontanée et immédiate de la personne au travail. Dépouillé de ses appuis extérieurs, il pointe le processus dynamique et l’action imaginative dans lesquels la vie se reflète pour créer. Il mobilise mémoire, sensation, intention, intuition, vécu, expérience, confiance, conscience, liberté, créativité... C’est cette part d’intériorisation - appelée dans tout acte créateur - qui émeut dans le geste du métier, lui donne sa beauté et fait apparaître son lien avec le geste dansé. À la manière d’un archéologue qui creuse le sol, enlève la terre, gratte les poussières... j’ai regardé les gestes au travail se dessiner dans l’air, se calligraphier dans l’espace pour voir se déployer librement leur évocation émotionnelle... pour en révéler la danse. (Pascale Houbin février 2009)


Pascale Houbin, dans le cadre de cette résidence, anime
également un stage : Le Toucher intime du souffle


Entretien de Pascale Houbin avec Muriel Steinmetz

paru le 7 janvier 2008 dans L’Humanité-Cultures à l’occasion de la présentation du film" Aujourd’hui à demain" (36 minutes) au Centre national de la danse de Pantin.

La danse des mains de tous les jours

Quel est le sens de cette entreprise plutôt insolite pour une chorégraphe ?
Pascale Houbin. Je compte réaliser une sorte de collection des gestes de métiers. L’intérêt, c’est qu’il y en ait beaucoup. Au CND,
je vais donc montrer ce premier film, de 35 minutes, où l’on ne rencontre pas moins de seize métiers. Il s’agit de donner à voir ce
que j’appelle des gestes du monde du travail réalisés « à blanc » c’est-à-dire sans la matière ni les outils. De nos jours, on montre
plus volontiers le produit fini que les gestes qui le façonnent. Ces gestes, je tiens à les rendre visibles, à les révéler dans leur réalité
sans la matière qu’ils travaillent, à mettre en valeur leur beauté extrême, comparable à celle du danseur mais dans un contexte,
une configuration, un rythme différents.
Le cinéaste Alain Cavalier a réalisé des films où l’on voit pareillement des gens au travail. Connaissez-vous ces films ?
Pascale Houbin.
Il a fait des portraits en pied magnifiques. Moi, je vais directement aux gestes. Je ne filme qu’eux. C’est là où je
me sens chorégraphe.
N’est-il pas étrange qu’un danseur prenne comme motif tous ces gestes des métiers ? Cela n’est-il pas du mime ?
Pascale Houbin.
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’idée du mime. Si je prends par exemple un pépiniériste, ses gestes sont
parfaitement incarnés, il n’y a pas la moindre trace d’imitation dans ce qu’il va livrer. Il fait ce métier depuis trente ans. Il ne mime
pas mais donne à voir sa réalité propre, certes différente puisqu’il n’a plus l’appui de l’ustensile, d’où l’idée d’un geste presque
dansé. Il ne cherche pas à copier quelque chose qu’il ne connaît pas mais plutôt à remplacer le manque en faisant en sorte que
son geste soit habité par sa personne, par son vécu, par son expérience. Les artisans qu’on voit dans le film ont évidemment eu du
mal à trouver leurs repères. Il leur a fallu remplacer l’outil absent par la conscience du geste qu’il induit.
Je fais une distinction nette entre incarnation et mime, ayant vécu moi-même l’expérience de la langue des signes puisque j’ai
travaillé avec des comédiens sourds. Ils possèdent leur propre grammaire en incarnant véritablement ce qu’ils ont à dire. Parfois le
public se sent mal à l’aise avec cette langue. Certains ont l’impression d’une gesticulation mais c’est se tromper de tiroir ! Le sourd
ne mime pas, il dit, donc il incarne avec son corps, son visage, ses mains et tout ça c’est de la parole. On me fait souvent la
critique, au sujet des gestes de métiers. On me dit, vous penchez du côté du mime. C’est faux ! N’est-ce pas que voir un corps au
travail, c’est voir des gestes habités, pleins de sens ?
À aucun moment dans ce film, nous n’avons évoqué la question du savoir-faire. Ce sont des professionnels. Ils ont le geste sûr. Le
problème de la danse, c’est que le danseur est en prise directe avec la technique mais aussi avec un sens qu’il lui faut transmettre
au public. Il lui est parfois difficile de faire sentir combien il est relié à un sens plein car ce n’est pas toujours clair.
Comment, finalement, avez-vous eu cette idée ?
Pascale Houbin.
C’est lié à cet apprentissage un peu hasardeux de la langue des signes, à cette forme de codification. Je me suis
dit que je devrais aussi m’imprégner d’autres codes gestuels comme ceux de la danse indienne. Et puis, il y a eu cette seconde
idée qui consistait à aller, comme chez les archéologues, déterrer, extraire des gestes que je voyais exécuter dans le monde du
travail.
Quels métiers avez-vous choisis ?
Pascale Houbin.
Je ne les ai pas choisis. Tout le monde s’est senti concerné y compris l’équipe du théâtre. J’ai montré des petites
formes de mon travail dans la région d’Alès où j’ai parlé de ce projet devant le public. J’ai dit que je cherchais des gens travaillant
dans la région. Nous avons par exemple demandé au public s’il connaissait un maréchal-ferrant susceptible de nous donner une
demi-journée de son temps. Nous avons eu beaucoup de réponses dans tous les corps de métiers. Beaucoup d’artisans, comme
ce plâtrier qui est présent à l’écran, ont été intéressés à l’idée de transmettre leur pratique. De montrer aux plus jeunes comment on
exécutait tels gestes à une époque donnée. Avec cette idée de collection, il y a aussi l’envie de conserver quelque chose de
certains métiers qui vont peut-être disparaître un jour ou du moins se transformer. Les gestes d’un plâtrier d’aujourd’hui ne sont pas
tout à fait identiques à ceux d’un plâtrier de jadis. Ils sont portés par un corps qui ne mange pas les mêmes choses, qui a un style
de vie différent. Parmi les seize métiers, il y a un forgeron, un typographe, un colleur d’affiche, un pêcheur, une couturière de chez
Hermès, un orfèvre, un pilote de chasse, un croupier de casino, une agricultrice qui castre les poulets.
La danse classique est un genre noble, la danse contemporaine travaille plus ou moins sur le tragique, vous, vous
oeuvrez ici sur le quotidien immédiat. Quel sens cela a-t-il ?
Pascale Houbin.
L’artisan gagne sa vie avec ses gestes comme le danseur avec la qualité des siens. Il y a une proximité entre
eux. Ces gens, qui sont de bons artisans, aiment leur métier, ils vivent de leurs gestes. Cela les porte, leur fait comprendre le
monde tout comme moi, dans ma relation au monde, j’ai grandi avec des gestes. Je pense à tout le travail que j’ai réalisé avec eux
et pour eux. Je me retrouve dans ce quotidien-là, dans cette répétition. C’est un savoir-faire, à la fois formaté et unique. Les gestes
sont à tous, y compris dans la danse, mais ce qui compte c’est l’investissement de chacun, la façon dont on habite le mouvement.
Certains artisans nous ont dit qu’ils ne savaient pas que ces attitudes étaient aussi belles, aussi précises. En isolant le geste, on se
rend mieux compte de l’engagement physique de la personne dans sa tâche. Un technicien du spectacle, qui a fait cette expérience
du geste « à blanc », m’a confié, après avoir regardé de loin son équipe poser des « nouettes » (« pendrillons » sur perches,
NDLR), qu’il n’avait jamais remarqué la perfection de ces gestes. Il a eu là un regard de danseur.



Le Grand R
Saison 17—18

Scène nationale
La Roche-sur-Yon
Renseignements au 02 51 47 83 83


Le Grand R, scène nationale de la Roche-sur-Yon, établissement d'action culturelle appartenant au réseau de la décentralisation artistique et culturelle
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