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SAISON 0809

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    Atelier Livres en Poche, à la Maison Gueffier
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    Rencontre / lecture à la Maison Gueffier
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    Au collège Corentin-Riou, Moutiers-les-Mauxfaits
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    Natacha Balzon, professeure, et Richaard Morgiève
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    Exposition du travail des collégiens de Moutiers-les-Mauxfaits
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    Restaurant scolaire du collège
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    La Très Petite Librairie
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    Richard Morgiève et Eric Pessan
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    Rencontre à La Très Petite Librairie - Clisson
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    Expo Richard Morgiève Maison Gueffier
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    Expo Richard Morgiève Hall du Manège
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    Expo Richard Morgiève Maison Gueffier

La semaine de Richard Morgiève

Richard Morgiève était l’invité de la Maison Gueffier


Traces de la présence de Richard Morgiève du mardi 25 au dimanche 30 novembre 2008


Rencontres dans les établissements scolaires

La présence des écrivains est une invitation à entrer dans la proximité de la littérature, à faire sienne une pratique de la lecture en lien avec la construction de son parcours de vie, à s’autoriser à écrire, à être partie prenante de l’activité artistique et de la vie culturelle (en tant que lecteur et usager des institutions).

Mercredi 26 novembre
Rencontre avec les élèves de Line Arnaud (BTS1, gestion mercatique) et Jean-Baptiste Billé (1re technologique) au lycée Pierre-Mendès-France.

Quelques réactions d’élèves aux livres de Richard Morgiève
« Des actions les unes à la suite des autres. J’empile des actions, des faits. Des faits, faire, défaire. Faire à manger faire les courses faire le lit faire défaire. Ne rien faire laisser faire. Toute une journée faire pour ne pas réfléchir. Faire l’amour mais c’est quoi ? Les filles le catalogue des filles des femmes la revue des cuisses des yeux des seins et des cheveux et des peaux. » (extrait de Mon Petit Garçon)

Il fait un peu poète je trouve, il se pose des questions, il hésite, il doute.
Il semble perdu. Dans la répétition il exprime des sentiments, sa peine, sa solitude.
En même temps il reste vague sur ses sentiments, il passe beaucoup de temps à parler du corps, avec des termes très crus.
C’est bizarre cette façon de mettre un mot violent au milieu d’une très belle phrase.
Il joue sur les contrastes, en exprimant des envies contradictoires ou en mettant dans la même phrase des choses tendres sur son petit garçon et des choses crues sur sa vie sexuelle…
Est-ce que c’est lui ? C’est son petit garçon ?


« […] le sourire de ma Loraine, de ma filleule, de ma fille, oui de ma fille à moi, moi, mon, ma, mes, c’être les mots des gens libres, j’être libre et fort, et je te donne ma force, ce que je dire c’être pas clair, mais c’est mon cœur qui parler, alors je te le répète, plus belle maigrelette d’ici jusqu’à là-bas, où le soleil se couche, écoute, écoute, quand mes yeux mouriront, ils mouriront avec ton image dessus parole d’honneur. » (extrait de Un petit homme de dos)

C’est bizarre cette langue de Mietta : il ne conjugue pas les verbes mais en même temps il a une langue très riche, il a tout le vocabulaire.

« Il y a un silence qui s’appelle la mort il fait peur à ceux qui comme moi s’étourdissent de mots j’aimerais ne plus avoir peur de la mort et surtout ne plus y penser comme à une solution j’ai beaucoup vécu dans la mort j’en ai beaucoup parlé je l’ai brandie je la brandis encore telle une réponse voire une sorte de philosophie mais je ne me trouve pas sincère sinon je serais déjà mort. » (extrait de Ma Vie folle)

On n’arrive encore pas à faire la différence entre la fiction et l’autobiographie : ça s’appelle « roman » et on a l’impression de lire une autobiographie.
La ponctuation a presque disparu, il doit avoir ses raisons pour écrire comme ça. En plus ce qui est bien c’est qu’on arrive à savoir quand même à quel moment respirer.


Jeudi 27 novembre
Rencontre avec les élèves de 3e de Natacha Balzon, collège Corentin-Riou, Moutiers-les-Mauxfaits.

« Se souvenir des choses vraies et fausses,
se souvenir de sa vraie vie,
de sa vie inventée, imaginée, fantasmée
et souvent plus réelle que la véritable.
Évoquer des personnes qui ont compté,
réelles ou imaginaires.
Parler de soi, de l’autre… »

Quelques phrases extraites d’œuvres de Richard Morgiève ont servi de déclencheurs à l’écriture. Le travail s’est appuyé sur des extraits de Un petit homme de dos, Contes et légendes de mon pays en guerre, Mon Petit Garçon. » (Natacha Balzon)
Ces textes seront exposées maison Gueffier dans le cadre de « Quel bruit ça fait la lecture ? », du 12 au 16 mai 2009.

Cet homme est mon père, un fils de la plage qui a fait des conneries dans sa vie. Il est parti plusieurs fois en laissant ma mère ma sœur mon frère et moi, pour aller voir ailleurs mais ma mère est allée le chercher. Il se promenait à poil dans la maison, nous engueulait tout le temps, il a tué notre chien car il n’arrêtait pas de gueuler et l’a enterré dans le jardin.
Puis un jour dans la nuit il a fait ses affaires et il est parti par la fenêtre comme un voleur.

On m’a dit que je suis né un dix-neuf mars 1942 et que mon père est mort à la guerre le jour de ma naissance mais je ne m’en souviens pas. Je ne me souviens pas non plus que ma mère a perdu connaissance tellement elle était heureuse. À deux ans en 1944 j’ai été envoyé dans un camp de concentration avec ma mère mais je ne m’en souviens pas. Ma mère et moi avons échappé de justesse à la mort mais je ne m’en souviens pas. Heureusement qu’un Boch est tombé amoureux de ma mère le jour de son anniversaire mais je ne m’en souviens pas. Ce Boch s’appelait Yan et nous a sauvés mais je ne m’en souviens pas. Ensuite ma mère est morte quand on essayait de s’enfuir avec Yan mais je ne m’en souviens pas. Yan m’a élevé jusqu’à l’âge de dix ans mais en 1952 il a rencontré un nazi qu’il avait connu et ce dernier l’a assassiné mais je ne m’en souviens pas.
La seule chose dont je me souviens c’est que j’écris ce livre pour faire comprendre à des milliers de gens qu’ils ont la chance de se souvenir de leur vie car moi, je ne m’en souviens pas.

Cet homme que vous voyez là assis en train de pleurer c’est mon meilleur ami, il vient d’apprendre qu’il ne lui restait que peu de temps à vivre car il est atteint d’un cancer du poumon. En ce moment où j’écris il est à l’hôpital, en règle générale il est gentil, grand, brun et toujours heureux sauf que maintenant, il pleure tout le temps, il m’a dit que la vie c’est une chienne injuste, il a perdu le goût de la vie. Je me souviens quand on était petit, on faisait que jouer, on allait à la pêche même que quand j’eus une touche il me poussa à l’eau,
on s’était bien marré.

Je suis enfin un écrivain mais je suis sûr que là où elle est elle ne me souhaite pas que du bonheur. Pourtant j’écris pour elle car je ne suis pas rancunier. Quand j’avais du temps de libre, j’écrivais, à l’école j’écrivais, mais quand celle que j’appelais « maman » mais qui ne méritait pas ce nom trouvait mes écrits je savais d’avance où ils finiraient. Bien que maintenant je soi riche et célèbre, mon enfance a été la plus triste de toutes les enfances. Quand mon père mourut, ma mère me battait mais aujourd’hui j’écris pour elle, pour qu’elle regrette d’avoir été horrible, pour qu’elle regrette de ne m’avoir pas élevé comme chaque mère élève son enfant.


Vendredi 28 novembre
Rencontre Richard Morgiève avec les élèves de 4e de Myriam Ruban, collège du Golfe des Pictons, L’ÎIe-d’Elle.

Réactions d’élèves
« [...] Je suis toujours dans l’insécurité de l’enfance, d’une enfance bouleversée. J’ai grandi, mais je suis trop rafistolé. Je suis fait de plaques et souvent ça craque entre elles, il n’y a pas de cohésion qui tienne en moi pour toujours et même pour longtemps, ça me rend triste. » (Mon petit garçon)

Guillaume : « Ça veut dire quoi, “rafistolé” » ?

Cassandra : « Oui, moi non plus, je n’ai pas compris. »

La professeure : « C’est un peu synonyme de “réparé ”, mais c’est une réparation qui n’est pas solide, c’est du bricolage avec de la ficelle, du scotch, par exemple. Il a été cassé par la vie et il a essayé de se réparer, mais il ne se sent pas solide. »

Guillaume : « C’est la mort de ses parents qui l’a cassé ? »

La professeure : « Sans doute. »

Cassandra : « Madame, je peux vous emprunter le livre pour cette semaine ? »

« Mon petit garçon est ma seule grâce, il faut que je tienne le coup pour lui donner ce que je sais, c’est son héritage tout ce qu’il peut attendre de moi, ce n’est que moi. Je n’ai rien d’autre à lui donner que moi. C’est peu. C’est le matin, c’est le soir, c’est l’automne, c’est le printemps, j’ai peur. L’aube, la pluie. Il faut que je résiste, il faut que je m’accroche, il faut que je trouve du sens à ma vie, j’ai du mal. » (Mon petit garçon)

Dylan : « Il veut élever son fils autrement qu’il a été élevé même si c’est pas très réussi mais malgré ça il veut faire le mieux possible car pour lui son fils est toute sa vie. »

Fanny : « Richard Morgiève est toujours dans la souffrance de la mort de ses parents. [...] Il faut qu’il transmette à son fils tout ce qu’il a appris, peut-être pas quand il était petit mais ce qu’il aurait voulu qu’on lui apprenne. »

Dylan : « Dans sa tête pour lui il n’arrivera jamais à vivre une vie normale comme tout le monde, pour lui sa vie ne cessera de chuter. »


Des rendez-vous

Jeudi 27 novembre
Rencontre et lecture publique d’un inédit (à paraître chez Joëlle Losfeld), Est-ce qu’il y a personne ?

Vendredi 28 novembre
Apéro littéraire suivi d’une rencontre/discussion animée par Éric Pessan, à l’invitation de Laurence Neveu, La Très Petite Librairie, Clisson.
Dans cette niche logée dans les murs d’une porte médiévale de la ville, Laurence Neveu invite à goûter à la littérature, « à apprécier sur place ou à emporter » comme elle aime à le dire, autour d’une cheminée et de vieux fauteuils.
La très petite Librairie 58 bis rue des Halles à Clisson (44).
02 51 71 89 66


Le Grand R – Saison 16/17

Scène nationale
La Roche-sur-Yon
Renseignements au 02 51 47 83 83


Le grand R, scène nationale de la Roche-sur-Yon, établissement d'action culturelle appartenant au réseau de la décentralisation artistique et culturelle
Licence d’entrepreneur de spectacles 1-1075762, 1-1075763, 1-1075764 / 2-1075765 / 3-1075766