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SAISON 0809

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Traversée d’une œuvre - Odile Duboc

Conférence dansée

Rencontre-spectacle proposé par Odile Duboc et Noël Claude, avec la complicité de Françoise Michel
Durée 1h30

Les chemins nécessaires au devenir d’une danse.

"Porter" une danse avec la précaution et l’intérêt de l’artisan qui œuvre à la fabrication de l’objet qu’il destine aux regards des autres, du peintre qui trace courbes et lignes ou appose ses touches de couleur sur la toile en train de s’élaborer, de l’enfant qui, attentif à l’histoire qu’il s’invente, la vit au delà de toute logique et crée à travers cette histoire une multitude de situations où il sera tour à tour prince, animal, ruisseau, trajectoire, objet volant, soi ou autre.
"Porter" une danse, c’est être dans la danse qui se crée en même temps que s’annonce son devenir.
Évoquer le devenir, c’est parler avant tout du présent, et plus précisément encore de l’instant présent lorsqu’il s’agit de l’acte dansé." Odile Duboc


Traversée d’une œuvre

Odile Duboc, Artiste chorégraphe et Directrice du Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort, met en scène avec Noël Claude des images vidéo extraites de 20 ans de création proposant un regard distancié sur ses spectacles soit par sa parole, soit par une danse in situ.

Présentée à Belfort, lors du Séminaire Inter Académique Danse des 11 et 12 mars 2003, Traversée d’une œuvre a suscité à Daniel Maximin, écrivain et conseiller à la Mission pour l’Education Artistique, la réflexion suivante :


"La danse en tant qu’art a longtemps été écartée des enseignements scolaires. Impliquant le corps, suscitant l’émotion, appelant l’exploration de l’imagination, la danse s’accordait difficilement à la vision rationnelle d’une logique traditionnellement disciplinaire. Tronquée du corps et de ses émotions, de cette part pourtant essentielle dans ce qui la constitue, seule une mise en question des arts, a pu en changer la perception.
Cette mise en question était perceptible dans "Traversée d’une œuvre" d’Odile Duboc. Disant sans musique l’affrontement solitaire de l’être danseur, le médiateur (Noël Claude) était présent. Anticipant nos propres questions, il était acteur et complice de la caméra qui a capturé cet instant disparu. Mais, élément essentiel, Odile Duboc était elle aussi présente : regardant, se regardant. C’était en quelque sorte l’œuvre rentrant dans l’œuvre, un jeu de miroirs permettant de sortir de l’écran pour revenir au geste : ici.
Le dialogue entre la parole écrite, le visionnage du geste et l’inattendu du corps offert a permis la recomposition de la démarche de création. Entre témoignage, médiation et création, la lecture était pourtant bouleversée par l’induction d’un transfert du réel (la parole, la danse in situ) à la vérité figée, fixée (les images vidéos). De nous, spectateurs-acteurs, cette lecture exigeait un travail de recomposition au sein duquel l’Histoire circule : le passé éclaire le présent qui lui-même inaugure l’avenir."


Odile Duboc

Odile Duboc naît pour ainsi dire dans la danse !
Bien qu’inscrite à une école de danse à Aix-en-Provence dès l’âge de 4 ans, elle traverse son enfance et son adolescence sans vraiment chercher à apprendre. Durant une dizaine d’années elle baignera à la fois passionnée et dilettante dans la danse classique et dans le monde des opérettes qui lui apportera le goût de la scène, goût qui ne jamais perdra de sa force.
Sa vraie formation se fera plus tard à travers la formation des autres.
Elle commence l’enseignement par la danse classique, technique dominante à l’époque. Cinq années plus tard, son goût pour l’énergie jazz l’amène de façon naturelle et autodidacte à développer très vite un enseignement sur cette technique, en même temps qu’elle fonde Les Ateliers de la Danse. C’est suite à cette période (1964-1975) que des rencontres fortuites vont lui permettre de comprendre que sa danse se situe autre part.
Une première rencontre avec Sara Sugihara lui permet de découvrir ce qui demeure essentiel pour elle aujourd’hui : le vertige. Une autre rencontre, celle de Bernard Misrachi, la renvoie à ce qui deviendra la base de son enseignement futur : le rapport du corps aux éléments et par répercussion à la musicalité intérieure. La dernière rencontre, essentielle, se situe en 1980, c’est celle de Françoise Michel, rencontre qui lui permet, au delà de la découverte de la lumière, de rentrer dans le monde de l’exigence et du professionnalisme.
C’est à cette époque qu’Odile Duboc fait le choix d’abandonner l’enseignement pour ne se donner qu’à la création aux côté de Françoise Michel avec qui elle fondera la compagnie Contre Jour en 1983. Bien que pleinement impliquée par la production de spectacles, elle sera très vite rattrapée par la pédagogie et la transmission et ne cessera par la suite de lier enseignement et création, chacune des deux pratiques se nourrissant de la complémentarité de l’autre.
Dès 1983, une première aventure Entr’actes, événement pour espaces urbains, lui fait comprendre l’importance de l’environnement naturel dans sa démarche artistique.
En 1993, la création de Projet de la matière l’entraîne dans une expérience qui se découvrira très vite révélatrice d’un imaginaire matériel et qui, par ailleurs, lui apportera de nouveaux moyens pour transmettre ses certitudes comme dix années plus tôt, la découverte des Entr’actes lui avait offert un ensemble de thèmes de travail, encore aujourd’hui fondamentaux.
Chacune de ces deux aventures vont lui permettre de développer une pédagogie particulière et totalement personnelle.
En 1986, elle rencontre Marcelle Bonjour à l’occasion de la création des premiers stages interministériels en direction de la Danse à l’Ecole. Cette rencontre est déterminante. Elle lui permettra à nouveau d’élaborer un partage avec le jeune public qu’elle avait touché lors des dix années d’enseignement à Aix-en-provence.
Dans le même temps et en réponse aux attentes de Marcelle Bonjour, elle apporte chaque année sa présence au festival Danse au Cœur sous des formes à chaque fois diversifiées.
L’ensemble de ses créations dont on peut retenir Insurrection, Projet de la matière et trois boléros se fera toujours dans la complémentarité de l’enseignement et lui permettra progressivement de créer une famille de fidèles au sein du Centre Chorégraphique. Rien ne laisse présager de l’état de l’eau créé récemment s’appuie sur cette fidélité.
En octobre 2006, Odile Duboc et Françoise Michel ont lancé le projet chorégraphique La pierre et les songes, hommage à la région Franche-Comté qui les accueillent depuis 15 ans. Odile Duboc travaillera avec une vingtaine de danseurs professionnels durant toute la saison 2006-2007 à la formation de 300 amateurs et proposera en septembre 2007 : 6 événements en extérieur et en lumière de jour dans des lieux patrimoniaux ou naturels de la Franche-Comté et Jura Suisse.
En 2007, elle créera un solo pour Marion Ballester. L’Opéra de Lyon, d’autre part, lui a fait commande pour juin 2007 d’une création pour son ballet.
Ce Centre Chorégraphique qu’elle dirige depuis 1991, date de sa création, lui permet d’engager parallèlement un véritable travail sur le développement de la culture chorégraphique, touchant ainsi des publics très larges dont celui du milieu scolaire. Ainsi, le Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort est devenu depuis 2003 structure culturelle associée au Pôle National de Ressource de Besançon.
Depuis quelques années, Odile Duboc assure une formation ponctuelle dans le cadre de la formation supérieure des CNSM de Paris et de Lyon liant toujours cet enseignement à une création (créations personnelles ou liées à des opéras), ainsi que la formation d’étudiants en Art Dramatique pour les Ecoles Supérieures de Strasbourg et de St Etienne.




Françoise Michel

Après des études de géologie, c’est au cours d’une formation en régie au Théâtre National de Strasbourg dirigé alors par Jean-Pierre Vincent que Françoise Michel découvre la lumière.
Peu de temps après, elle rencontre la danse avec Odile Duboc. Les notions de mouvements, de lignes, de formes lui parlent, et elle voit dans l’univers chorégraphique un terrain où la lumière peut s’écrire comme une mise en scène. C’est alors le début d’une longue collaboration sur la conception et la réalisation des spectacles qu’elles feront ensemble par ailleurs, au sein de la compagnie Contre Jour qu’elles fondent en 1983, puis au Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort à partir de 1990 ; d’autre part, en réponse à des commandes comme Retours de scène, Rhapsody in Blue ou Primum saltare pour l’Opéra de Paris et le Ballet du Rhin, ou comme Le Pupille veut être tuteur de Peter Handke pour lequel elle est invitée par Jean-Claude Berutti en même temps qu’Odile Duboc.
En 1999, elle cosigne avec elle la mise en scène de Thaïs de J. Massenet, en signe la lumière et pour la première fois, riche de ses multiples expériences, fait le choix d’en créer la scénographie. Elle signera par la suite le décor de Le Pupille veut être tuteur créé par Odile Duboc et sera à l’origine de la scénographie de J’ai mis du sable exprès, vite fait , comme ça dans mes chaussures.
Après avoir entretenu une longue fidélité avec de nombreux chorégraphes (Dunes, Daniel Larrieu, François Raffinot..), Françoise Michel met en lumière aujourd’hui les spectacles de jeunes chorégraphes telles que Emmanuelle Vo-Dinh et Mié Coquempot. A partir de 2001, elle travaille en étroite collaboration avec Daniel Dobbels. À l’automne 2003, Françoise Michel retrouve Daniel Larrieu. Elle poursuit en 2004 sa présence auprès d’Emmanuelle Vo-Dinh et Daniel Dobbels. Elle a collaboré aux côtés d’Odile Duboc à la création d’un solo Echappée au Festival Montpellier Danse 2005 dans le cadre du Vif du Sujet. En septembre 2005, elle a co-signé avec Odile Duboc Rien ne laisse présager de l’état de l’eau et a créé les lumières pour la dernière création d’Accrorap Les corps étrangers en février 2006. Elle vient de réaliser les lumières pour la reprise, 20 ans, après de Waterproof de Daniel Larrieu. Par ailleurs, elle participera à la création d’Odile Duboc pour les ballets de l’Opéra de Lyon en juin 2007.
En octobre 2006, Françoise Michel accompagnera Odile Duboc sur le projet chorégraphique La pierre et les songes. En septembre 2007 : 6 événements pour 300 amateurs et une vingtaine de danseurs professionnels, en extérieur et en lumière de jour seront créés dans des lieux patrimoniaux ou naturels de la Franche-Comté et Jura Suisse.
Françoise Michel n’abandonne pas pour autant l’aventure théâtrale. Elle a créé au cours de l’été 2001 la lumière de Bérénice mis en scène par Lambert Wilson. Elle a à nouveau collaboré avec Jean-Claude Berutti et Odile Duboc pour l’opéra Cosi fan tutte en début d’année 2002 et a créé les lumières des opéras Les chants de la terre et Curlew river pour Yoshi Oïda. En octobre 2004, elle a dirigé avec Odile Duboc un atelier dans le cadre de la création d’espace complémentaire avec les élèves du Groupe XXXV de l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique du TNS. En mai 2005, elle a créé les lumières d’Electronic city de Falk Richter mis en scène par Jean-Claude Berutti pour les étudiants en 3ème année de l’école de la Comédie de St Etienne.



Noël Claude

Après des études de Sciences Economiques à l’Université de Nantes et à l’Ecole Supérieure de Commerce de Nantes achevées à la fin des années 60, Noël Claude découvre la danse contemporaine à Paris, un mouvement en pleine effervescence pendant les années 70.
Il se forme alors auprès d’artistes représentatifs des grands courants de la danse moderne (technique Graham, Limon, Nikolaïs et Cunningham). Il se lance parallèlement dans la création au sein du groupe "Formes de danse" et collabore avec d’autres chorégraphes et metteurs en scène : Susan Buirge, Harry Sheppard, Mark Tompkins, Stéphanie Aubin, Didier Silhol, Micheline Lelièvre, Claudine Orvain, AlainTimar.
A partir de 1989, il se forme également à la pédagogie de la danse, il participe en 1990 au Stage National Danse à l’Ecole et passe en 1993 son Diplôme de Danse Contemporaine. Il continue par la suite à se former et obtient en 1998 le DESS Développement Culturel (ARSEC - Université de Lyon II).
Responsable de plusieurs projets de découverte de la danse pour la Ville de Nantes, pour les ADDM de Loire Atlantique, Mayenne et Côtes d’Armor, il initie un projet Danse-Littérature à "Danse au Cœur" en 1997.
Depuis 1998, il s’est vu confier par Odile Duboc le développement de la culture chorégraphique et des actions de sensibilisation en région, dans cette institution. Cette rencontre avec l’univers artistique et la pédagogie d’Odile Duboc lui a permis de concevoir différents outils de culture chorégraphique : Mallette à danser, Lectures dansées, Vidéos danse en mots et mouvements, Traversées d’une œuvre, portraits et rubriques "culture chorégraphique" de la Lettre d’Information Contre Jour.
Il enseigne également au Département Arts du Spectacle de l’Université de Franche-Comté, au DUT Carrières Sociales de l’IUT de Belfort-Montbéliard ainsi qu’à l’Ecole d’Art Gérard Jacot (Belfort).



Le Grand R
Saison 17—18

Scène nationale
La Roche-sur-Yon
Renseignements au 02 51 47 83 83


Le Grand R, scène nationale de la Roche-sur-Yon, établissement d'action culturelle appartenant au réseau de la décentralisation artistique et culturelle
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